Au cœur des Hautes Terres islandaises, Landmannalaugar ressemble à un paysage venu d’une autre planète. Des montagnes de rhyolite orange, rose et jaune se succèdent autour de vallées couvertes de mousse, tandis que des fumerolles rappellent que le sol volcanique reste bien vivant. Pour les randonneurs, c’est l’un des secteurs les plus fascinants d’Islande, mais aussi un territoire où la météo et l’isolement imposent une vraie préparation.
Une carte de Landmannalaugar ne sert donc pas uniquement à repérer un sentier. Elle permet de comprendre les différentes options d’itinéraires, les refuges, les gués, les accès routiers et les échappatoires possibles en cas de mauvais temps. Voici un guide trekking complet pour préparer une randonnée à Landmannalaugar, que vous envisagiez une sortie à la journée ou le célèbre trek du Laugavegur.
Où se trouve Landmannalaugar en Islande ?
Landmannalaugar se situe dans le sud de l’Islande, au cœur de la région volcanique de Fjallabak. Le site se trouve à l’écart des grands axes, dans les Hautes Terres, et n’est accessible que pendant la courte saison estivale, lorsque les pistes de montagne sont ouvertes.
Le point de départ principal des randonnées est installé près du refuge et du camping de Landmannalaugar. On y trouve un petit ponton, des sanitaires, un refuge de montagne et plusieurs sentiers balisés. La célèbre source chaude naturelle, située à quelques minutes à pied, permet de se détendre après une journée de marche. L’eau n’est pas toujours brûlante partout, mais l’expérience reste mémorable lorsque le vent islandais souffle sur les montagnes.
Depuis Reykjavik, il faut généralement compter plusieurs heures de trajet. La distance importe finalement moins que l’état des pistes : les routes F208 et F225 traversent des secteurs sauvages, avec des passages caillouteux, des gués et parfois une progression lente. Une voiture classique de tourisme n’est pas adaptée à ces pistes.
Quelle carte utiliser pour préparer l’itinéraire ?
Pour préparer une randonnée à Landmannalaugar, privilégiez une carte topographique détaillée des Hautes Terres du sud de l’Islande. Elle doit faire apparaître les sentiers, les refuges, les cours d’eau, les pistes et les courbes de niveau. Une application GPS peut compléter la carte papier, mais elle ne doit pas la remplacer : la couverture réseau est irrégulière et une batterie se vide rapidement par temps froid.
Sur votre carte, repérez au minimum :
- Landmannalaugar, point de départ de la majorité des randonnées ;
- le refuge de Hrafntinnusker, étape d’altitude du Laugavegur ;
- les vallées de Jökulgil et de Reykjafjöll ;
- le lac Frostastaðavatn et les pistes d’accès ;
- les refuges de Álftavatn et Emstrur si vous poursuivez vers le sud ;
- les zones de gué et les secteurs exposés au vent ;
- les éventuelles variantes et itinéraires de retour.
Les distances indiquées sur les cartes islandaises doivent être lues avec prudence. Un kilomètre sur un sentier rocailleux, dans la boue ou face à un vent violent, ne se parcourt pas comme un kilomètre sur un chemin forestier. Le relief, la visibilité et les conditions du terrain influencent fortement la durée de marche.
Le Laugavegur : le grand itinéraire de randonnée depuis Landmannalaugar
Landmannalaugar est le point de départ nord du Laugavegur, l’un des treks les plus réputés d’Islande. L’itinéraire relie généralement Landmannalaugar à Þórsmörk, la vallée boisée située plus au sud. Le parcours complet demande habituellement quatre jours de marche, parfois cinq selon les variantes et le rythme choisi.
Le tracé classique est organisé autour de plusieurs étapes :
- Landmannalaugar – Hrafntinnusker : environ 10 à 12 kilomètres, avec un dénivelé modéré mais une progression exigeante en altitude et sur terrain volcanique ;
- Hrafntinnusker – Álftavatn : environ 11 à 12 kilomètres, avec une descente spectaculaire vers les lacs et les vallées ;
- Álftavatn – Emstrur : environ 15 kilomètres, entre vallées, rivières et paysages plus minéraux ;
- Emstrur – Þórsmörk : environ 15 kilomètres, avec l’approche de la vallée boisée et plusieurs passages de cours d’eau.
Les distances peuvent varier selon le refuge visé et les variantes empruntées. Le Laugavegur n’est pas une simple promenade balisée malgré sa popularité. Les étapes sont longues, les refuges affichent rapidement complet et les conditions peuvent changer en quelques minutes.
La première étape vers Hrafntinnusker est souvent considérée comme l’une des plus difficiles. Le sentier monte progressivement à travers des coulées de lave, des champs de cendres et des névés persistants. Le vent peut y être particulièrement violent. Même en plein été, une chute de neige n’est pas impossible dans cette partie des Hautes Terres.
Les meilleures randonnées à la journée depuis Landmannalaugar
Il n’est pas nécessaire de parcourir le Laugavegur pour découvrir la richesse de Landmannalaugar. Plusieurs itinéraires à la journée permettent d’explorer les montagnes de rhyolite et les vallées voisines. C’est une excellente option pour les voyageurs qui souhaitent randonner sans porter plusieurs jours de matériel.
Le circuit de la montagne Bláhnjúkur
Le Bláhnjúkur, souvent surnommé la montagne bleue, domine Landmannalaugar. L’ascension offre un panorama remarquable sur les coulées de lave, les montagnes colorées et les vallées de Fjallabak. Le circuit demande généralement quelques heures, selon le tracé choisi et les pauses.
La montée est soutenue par endroits, mais l’itinéraire reste accessible à un randonneur habitué au terrain montagneux. Le sommet est exposé au vent et la visibilité peut se dégrader très rapidement. Par temps couvert, les couleurs des reliefs deviennent plus discrètes, mais l’ambiance gagne en intensité : on marche alors dans un décor presque lunaire.
La boucle du Laugahraun et de la gorge de Vondugil
Cette randonnée permet de traverser le champ de lave de Laugahraun et de rejoindre des secteurs particulièrement colorés. Les contrastes entre la lave noire, les pentes jaunes de soufre et les mousses vertes sont saisissants.
La boucle peut être combinée avec une montée vers le Brennisteinsalda, l’un des sommets emblématiques de la région. Le parcours demande de rester attentif aux balises, car les coulées de lave et les vallons peuvent donner une impression de désordre. Une carte ou une trace GPS est utile, surtout lorsque le brouillard descend.
Le sommet de Brennisteinsalda
Le Brennisteinsalda, dont le nom évoque la vague de soufre, est reconnaissable à ses flancs multicolores. L’ascension depuis Landmannalaugar constitue l’une des randonnées les plus populaires du secteur. Elle permet d’observer de près les manifestations volcaniques qui ont façonné la région.
Le sentier traverse des sols meubles et des zones humides. De bonnes chaussures de randonnée avec une semelle accrocheuse sont indispensables. Il faut également éviter de sortir du chemin : la végétation arctique pousse lentement et les zones géothermiques peuvent être instables ou brûlantes.
Le niveau de difficulté du trekking
Le niveau du Laugavegur est généralement considéré comme modéré à difficile. Il ne s’agit pas d’une ascension technique, mais l’itinéraire exige une bonne endurance et une capacité à marcher plusieurs heures avec un sac chargé.
Les principales difficultés sont les suivantes :
- un terrain irrégulier composé de lave, de cendres et de rochers ;
- des dénivelés parfois importants sur des sentiers peu confortables ;
- des passages de rivières ou de ruisseaux ;
- un vent pouvant déséquilibrer un marcheur chargé ;
- une météo changeante, avec pluie, brouillard, soleil et neige dans la même journée ;
- une forte exposition et très peu d’abris naturels.
Le trek convient aux randonneurs expérimentés ou correctement préparés. Pour une première randonnée itinérante en milieu isolé, une sortie à la journée depuis Landmannalaugar peut être une approche plus raisonnable. Mieux vaut commencer par une boucle courte que sous-estimer les conditions islandaises dès la première étape.
Quand partir randonner à Landmannalaugar ?
La saison de randonnée s’étend principalement de la fin juin au début septembre. Les dates d’ouverture des pistes dépendent de l’enneigement et de l’état des gués. Il est essentiel de vérifier les informations officielles avant le départ, car une piste indiquée comme accessible sur une ancienne carte peut être temporairement fermée.
Juillet et août offrent les journées les plus longues et les meilleures chances de trouver les refuges ouverts. C’est aussi la période la plus fréquentée. En juin ou au début du mois de septembre, l’ambiance est plus calme, mais les conditions peuvent être plus hivernales et certains services ne sont pas encore disponibles ou ferment déjà.
La météo mérite une attention particulière. Consultez les prévisions avant chaque étape et demandez conseil aux gardiens de refuge ou aux équipes locales. En Islande, le soleil aperçu au départ ne garantit absolument pas une arrivée sèche. Le fameux dicton sur les quatre saisons dans une même journée n’est pas une légende de randonneur.
Accès, transport et organisation pratique
Landmannalaugar est accessible par des bus 4×4 ou des compagnies spécialisées durant la saison estivale. Cette solution est souvent la plus simple pour les voyageurs qui ne souhaitent pas conduire sur les pistes des Hautes Terres. Les horaires sont toutefois limités et doivent être réservés à l’avance, particulièrement en haute saison.
Si vous conduisez, utilisez uniquement un véhicule autorisé pour les routes F. Les gués ne doivent jamais être franchis sans avoir vérifié leur profondeur et la force du courant. Un changement de météo peut transformer rapidement une traversée facile en obstacle dangereux. En cas de doute, il faut attendre, demander conseil ou renoncer.
Les refuges du Laugavegur sont très demandés. Réservez plusieurs mois à l’avance si vous souhaitez y dormir. Le camping est possible dans les zones prévues, mais il faut venir avec un équipement adapté au vent et à la pluie. Le bivouac sauvage n’est pas une option à improviser : les règles de protection de l’environnement sont strictes dans les Hautes Terres.
Quel équipement prévoir pour la randonnée ?
Un bon équipement de randonnée ne garantit pas une météo clémente, mais il permet de mieux gérer les mauvaises surprises. Pour Landmannalaugar, privilégiez la fiabilité et la protection plutôt que la recherche de légèreté absolue.
- chaussures de randonnée imperméables avec une semelle adaptée aux terrains rocheux ;
- veste imperméable et respirante, avec une capuche réellement protectrice ;
- pantalon de pluie et vêtements superposables ;
- gants, bonnet et couche chaude, même en plein été ;
- sac à dos confortable avec housse antipluie ;
- carte papier, boussole et GPS chargé ;
- réserve d’eau et nourriture pour chaque étape ;
- bâtons de marche pour les descentes et les traversées de terrain instable ;
- sac étanche pour protéger les vêtements et l’électronique ;
- trousse de premiers secours et couverture de survie.
Les chaussures de trail légères peuvent convenir aux randonnées à la journée par temps sec, mais elles montrent vite leurs limites dans les gués, la boue et les terrains volcaniques. Pour un trek de plusieurs jours, une chaussure montante et robuste apporte généralement davantage de stabilité.
Sécurité et respect du milieu naturel
Avant de partir, informez une personne de votre itinéraire et consultez les conditions locales. En Islande, le site Safetravel permet d’obtenir des informations utiles sur la sécurité et de transmettre son plan de voyage. Sur le terrain, restez sur les sentiers balisés et ne vous approchez pas des zones géothermiques non sécurisées.
Les rivières islandaises sont froides et parfois puissantes. Retirez vos chaussures uniquement si nécessaire, desserrez votre sac afin de pouvoir vous en libérer en cas de chute et traversez à l’endroit recommandé. Il est préférable de progresser à plusieurs, face au courant, avec des bâtons pour garder l’équilibre.
Enfin, Landmannalaugar est un espace fragile. Les mousses et les végétations arctiques mettent des années à se régénérer. Ne coupez pas les virages, ne laissez aucun déchet et utilisez les installations prévues. Préserver ces paysages, c’est permettre aux prochains randonneurs de découvrir les mêmes couleurs, les mêmes silences et cette étrange impression de marcher sur une autre planète.
