Tour du lac de Guerlédan en 2 jours : itinéraire, étapes et conseils pratiques
Faire le tour du lac de Guerlédan en deux jours, c’est s’offrir une vraie parenthèse bretonne. Ici, pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour marcher dans une nature sauvage : les landes, les forêts profondes et les vallons du centre de la Bretagne composent un décor étonnamment dépaysant.
Le parcours suit les rives du plus grand lac artificiel de Bretagne, aménagé sur le Blavet. Selon le point de départ et les variantes choisies, il faut compter environ 40 à 45 kilomètres pour boucler le tour. Le dénivelé reste raisonnable, mais les montées et descentes répétées finissent par se faire sentir, surtout avec un sac chargé.
En deux jours, l’itinéraire est accessible à un randonneur habitué à marcher plusieurs heures. Il demande toutefois un minimum d’organisation : les hébergements ne sont pas répartis régulièrement autour du lac et certains secteurs sont assez isolés. Voici le découpage que je vous conseille pour profiter du paysage sans transformer la randonnée en course contre la montre.
Le tour du lac de Guerlédan en quelques chiffres
- Distance totale : environ 40 à 45 km selon les variantes et les accès choisis.
- Durée : 2 jours pour de bons marcheurs, 3 jours pour prendre davantage le temps.
- Difficulté : moyenne, avec des reliefs successifs et quelques passages escarpés.
- Terrain : chemins forestiers, sentiers terreux, passages rocheux et petites routes.
- Meilleure période : du printemps à l’automne, avec une préférence pour mai, juin et septembre.
- Départ conseillé : l’anse de Guerlédan, près de la base départementale de plein air, ou l’anse de Sordan.
Le niveau de l’eau peut varier au fil des saisons et des opérations liées au barrage. Le lac a d’ailleurs été vidé à plusieurs reprises pour des travaux, révélant alors l’ancienne vallée engloutie et les vestiges de maisons, d’écluses et d’arbres noyés. Vérifiez la situation avant de partir : le paysage et certains accès peuvent être différents de ceux présentés sur les cartes.
Quel sens choisir pour marcher autour du lac ?
Le tour peut se faire dans les deux sens. Pour une première découverte, je recommande généralement de partir dans le sens des aiguilles d’une montre, depuis l’anse de Guerlédan ou de Sordan. Cette option permet de rejoindre assez rapidement les secteurs emblématiques du lac et d’organiser une première étape cohérente vers l’abbaye de Bon-Repos.
Le balisage local est globalement compréhensible, mais il ne faut pas se contenter de suivre machinalement les marques peintes. Plusieurs chemins forestiers se croisent, et certaines portions du tour empruntent des itinéraires de randonnée différents. Une carte papier, une trace GPS téléchargée et une application utilisable hors ligne sont de précieux alliés.
Autre détail à ne pas négliger : le réseau téléphonique peut se montrer discret dans les creux et les zones boisées. Le lac est magnifique, mais il n’a pas signé de contrat pour garantir la 4G à chaque virage.
Jour 1 : de l’anse de Guerlédan à l’abbaye de Bon-Repos
Pour cette première journée, prévoyez environ 20 à 23 kilomètres et cinq à six heures de marche effective. Le kilométrage peut sembler raisonnable sur le papier, mais les sentiers vallonnés et les pauses photo rallongent naturellement la journée.
Départ près de la base de plein air
L’anse de Guerlédan constitue un point de départ pratique. On y trouve des espaces de stationnement, des activités nautiques en saison et un accès direct aux chemins qui longent le lac. Le matin, la lumière est souvent très douce sur l’eau. C’est le bon moment pour prendre quelques minutes avant de s’élancer : ensuite, les arbres et les reliefs vous absorberont rapidement.
Le sentier commence par alterner passages boisés et ouvertures sur le lac. Les rives ne sont pas toujours accessibles au bord de l’eau : certains secteurs sont escarpés, et le chemin prend parfois de la hauteur. Ne vous attendez donc pas à une promenade plate et régulière. Le lac apparaît, disparaît, puis revient entre deux troncs comme un fil conducteur bleu et argent.
Vers l’anse de Landroanec
En progressant vers le sud-ouest, vous rejoignez l’anse de Landroanec. Cette partie de l’itinéraire est particulièrement agréable lorsque les ajoncs sont en fleurs. Les teintes jaunes tranchent avec les verts de la forêt et donnent au paysage une atmosphère presque méditerranéenne, malgré l’humidité bretonne qui rappelle vite où l’on se trouve.
Le chemin alterne montées courtes et descentes parfois glissantes. Après une période pluvieuse, les racines et les pierres peuvent être humides. De bonnes chaussures de randonnée à semelle crantée sont vivement recommandées, même si la distance ne semble pas impressionnante.
Pause à l’écluse de Bellevue et découverte du canal
Selon la variante suivie, l’itinéraire s’approche du canal de Nantes à Brest et de plusieurs ouvrages liés à l’histoire du Blavet. Les anciennes écluses rappellent que le lac n’a pas toujours été cette vaste étendue d’eau tranquille. Avant la construction du barrage, la vallée était parcourue par une rivière et ponctuée de chemins, de fermes et d’installations dédiées à la navigation.
Cette dimension historique donne beaucoup de relief à la randonnée. On ne marche pas seulement autour d’un lac : on traverse un paysage façonné par les infrastructures, puis repris par la forêt et la végétation. Prévoyez un vrai arrêt pour déjeuner dans ce secteur, à condition d’avoir emporté votre repas. Les possibilités de ravitaillement sont limitées sur le parcours.
Arrivée à Bon-Repos
La fin de l’étape conduit vers l’abbaye de Bon-Repos, l’un des grands points d’intérêt du tour. Installée dans la vallée du Blavet, cette ancienne abbaye cistercienne possède une architecture sobre et une histoire intimement liée au territoire. Le site mérite largement une visite si les horaires d’ouverture correspondent à votre passage.
Pour la nuit, plusieurs solutions existent dans les environs : hébergement à proximité de l’abbaye, chambre d’hôtes, gîte ou hébergement situé à quelques kilomètres du parcours. Réservez à l’avance, particulièrement les week-ends de printemps et d’été. Si vous dormez en hébergement, demandez éventuellement un service de transport de bagages ou un transfert depuis le sentier : cela peut simplifier la logistique.
Le bivouac demande, lui, davantage de prudence. La réglementation ne se résume pas à planter sa tente dès que l’on trouve une clairière agréable. Renseignez-vous auprès des communes, des propriétaires et des gestionnaires des espaces traversés. Un emplacement discret, sans feu et sans laisser de trace reste la règle de base.
Jour 2 : de Bon-Repos au point de départ
La deuxième journée représente généralement 20 à 22 kilomètres. Elle commence par un secteur historique et paisible avant de retrouver les rives boisées du lac. Si vos jambes sont déjà lourdes, partez tôt : les dernières heures de marche sont souvent celles où l’on sous-estime le temps restant.
De Bon-Repos à l’anse de Sordan
Après avoir quitté l’abbaye, le sentier remonte progressivement dans un environnement plus forestier. Les chemins sont parfois larges, parfois plus étroits, avec des passages où la végétation reprend ses droits. Cette portion est agréable au petit matin, lorsque la brume s’accroche encore aux branches et que les bruits de la route restent lointains.
L’anse de Sordan constitue une étape intéressante pour faire une pause. C’est un secteur apprécié pour les activités nautiques et les loisirs de plein air. En haute saison, l’ambiance peut être plus animée qu’ailleurs sur le tour. En dehors de l’été, on retrouve une atmosphère beaucoup plus calme, idéale pour déjeuner face au lac.
Ne comptez pas systématiquement sur un point d’eau ou un commerce ouvert. Emportez au moins deux litres par personne, davantage s’il fait chaud. Les températures peuvent monter sur les portions dégagées, même en Bretagne, et les petites ascensions donnent rapidement soif.
Les belvédères et les passages boisés
La suite du parcours réserve plusieurs points de vue sur les anses du lac. Certains belvédères sont bien dégagés, tandis que d’autres se découvrent entre deux arbres. Le sentier prend parfois de la hauteur avant de redescendre vers une nouvelle crique. C’est ce relief en accordéon qui fait le charme du tour, mais aussi sa principale difficulté.
J’ai toujours trouvé que les randonnées autour d’un lac étaient un peu trompeuses. On voit l’eau, on se dit que le chemin devrait rester tranquille, puis une pente surgit derrière un virage. Guerlédan ne fait pas exception. Rien de dangereux pour un marcheur équipé, mais il faut garder un peu d’énergie pour les derniers kilomètres.
Retour vers l’anse de Guerlédan
En approchant du point de départ, les chemins peuvent devenir plus fréquentés, notamment autour des zones de loisirs et des accès routiers. Prenez le temps de vérifier votre trace pour ne pas couper une boucle par erreur. Certaines variantes permettent de raccourcir légèrement, mais elles modifient l’expérience et peuvent emprunter davantage de petites routes.
Le retour au bord de l’eau est un moment particulièrement satisfaisant. Après deux jours de marche, retrouver le lac, retirer son sac et s’asseoir quelques minutes vaut bien toutes les récompenses. Même une simple boisson fraîche prend alors des airs de festin.
Hébergements, ravitaillement et organisation
Le principal point à anticiper est la nuit entre les deux étapes. Les hébergements directement situés sur le tracé sont peu nombreux et peuvent afficher complet rapidement. Élargissez vos recherches aux villages proches comme Mûr-de-Bretagne, Saint-Aignan, Laniscat ou Plussulien, selon le sens choisi et le point de départ.
- Réservez plusieurs semaines à l’avance pour les week-ends et les vacances scolaires.
- Vérifiez la distance réelle entre l’hébergement et le sentier.
- Demandez si un repas du soir ou un panier pique-nique est disponible.
- Prévoyez une solution de transport si l’hébergement est éloigné.
- Ne partez pas sans avoir organisé le ravitaillement du deuxième jour.
Pour les repas du midi, le plus simple reste de préparer un pique-nique consistant : pain, fromage, fruits secs, sandwiches, barres céréalières et quelques aliments salés. Deux jours de randonnée ne nécessitent pas une cuisine de bivouac compliquée, mais votre corps appréciera une alimentation régulière plutôt qu’un seul gros repas pris en fin de journée.
Quel équipement prévoir ?
Un équipement léger suffit, à condition qu’il soit adapté à la météo bretonne. La pluie peut arriver rapidement, les sentiers deviennent boueux et le vent se lève parfois sur les portions ouvertes.
- Chaussures de randonnée déjà faites à vos pieds.
- Veste imperméable et housse de protection pour le sac.
- Polaire légère ou couche chaude, même en été.
- Carte du secteur et téléphone avec trace GPS hors ligne.
- Réserve d’eau d’au moins deux litres.
- Encas énergétiques et pique-nique pour chaque journée.
- Petite trousse de secours avec pansements pour les ampoules.
- Bâtons de marche, utiles dans les descentes boueuses.
- Lunettes de soleil, casquette et crème solaire : la Bretagne sait aussi offrir du grand soleil.
Le sac doit rester aussi léger que possible. Sur 40 kilomètres, chaque kilo superflu finit par se rappeler à vos épaules. Une serviette compacte, une seule tenue de rechange et une trousse de toilette minimaliste suffisent largement pour une nuit.
Conseils pour une randonnée réussie
Consultez la météo et l’état des sentiers avant le départ. En cas de fortes pluies, les passages forestiers peuvent être beaucoup plus lents que prévu. Gardez une marge d’une heure ou deux dans votre programme, surtout si vous souhaitez visiter l’abbaye de Bon-Repos ou faire plusieurs pauses au bord de l’eau.
Partez tôt, marchez à votre rythme et ne négligez pas les pauses. Une pause de dix minutes toutes les deux heures permet souvent d’éviter la grosse fatigue de fin d’étape. Profitez-en pour boire, manger un peu et vérifier vos pieds avant qu’une ampoule ne devienne un véritable problème.
Enfin, respectez les lieux. Restez sur les sentiers, refermez les barrières, gardez votre chien sous contrôle et remportez tous vos déchets. Les rives du lac accueillent une faune discrète : oiseaux d’eau, chevreuils, renards et nombreux petits habitants de la forêt. Avec un peu de silence, vous aurez peut-être la chance d’en apercevoir.
Le tour du lac de Guerlédan en deux jours offre un excellent compromis entre effort et dépaysement. La distance est sérieuse sans être extrême, les paysages changent constamment et l’histoire du canal comme celle de la vallée accompagne chaque étape. Une randonnée idéale pour s’évader le temps d’un week-end, avec ce petit goût d’aventure qui commence dès que l’on quitte la voiture et que le sentier s’enfonce sous les arbres.
